DocuSeal : la signature électronique qu’on self-héberge
On cherchait une alternative à DocuSign sans exploser le budget dès qu’on dépasse une poignée de documents par mois. On a trouvé DocuSeal — open source, auto-hébergeable, et intégrable en une demi-journée
Le problème
Un client avait besoin de faire signer des devis, des bons de commande, des
avenants contractuels. La réponse évidente : DocuSign ou YouSign. Le problème,
c’est que la facture grimpe vite avec le volume :
-
~10 documents/mois : chez DocuSign, comptez environ
39€/mois pour le plan Standard en facturation mensuelle (quota de 10
enveloppes/mois). -
~100 documents/mois : il faut un plan avec envois illimités
par utilisateur — Yousign Plus ou Pro (130€/mois), ou un forfait DocuSign
nettement plus cher pour lever la limite d’enveloppes (150€/mois). -
~500 documents/mois (soit environ 5 000 à 6 000/an) : on
sort des plans standards. Chez Yousign, ça se négocie sur une offre
API/volume, de l’ordre de 5 000€/an et plus. Chez DocuSign, c’est du
sur-mesure Enterprise, généralement dans les mêmes eaux voire au-delà.
Difficile à justifier pour une PME, quel que soit le palier.
On a cherché autre chose.
DocuSeal, c’est quoi
DocuSeal est une application open source de signature électronique,
auto-hébergeable, avec une interface propre et une API REST complète. Elle
permet de créer des templates de documents, d’envoyer des demandes de
signature par email, de suivre l’état des signatures, et de recevoir des
webhooks à la complétion.
Le tout, sur vos propres serveurs.
Concrètement, qu’est-ce qu’on peut signer ?
Quand on a un système sans limite de volume, la façon de l’envisager change.
On arrête de réserver la signature électronique aux gros contrats et on
l’utilise partout où il y a un document à valider :
- Côté clients : contrats, bons de commande, devis, CGV/CGU.
-
Côté fournisseurs : contrats, CGA (conditions générales
d’achat), chartes. -
Côté salariés : avenants, demandes de congés, notices
d’information, chartes internes, feuilles de pointage.
Le déclic, c’est justement ça : dès qu’on n’a plus à compter chaque enveloppe,
on commence à se projeter sur des usages qu’on n’aurait jamais budgétés avec
un abonnement classique.
Le déploiement
On l’a déployé sur un serveur Docker géré par Coolify très rapidement. Pour
ceux qui préfèrent Docker Compose directement :
docker run --name docuseal -p 3000:3000 \
-v docuseal_data:/data \
docuseal/docuseal
Variables d’environnement importantes : SECRET_KEY_BASE pour la
sécurité des sessions, et DATABASE_URL si vous voulez brancher
PostgreSQL plutôt que SQLite (recommandé en production).
On met ça derrière un reverse proxy via Traefik en HTTPS. On configure les
sauvegarde, la sécurité de l’infrastructure, on valide les backup en cas de
problème et c’est parti, c’est prêt à être configuré et utilisé.
L’intégration dans notre back-end
L’API REST de DocuSeal est bien documentée. En Node.js/TypeScript, le flux est
simple :
Créer un template de document via l’interface ou l’API
Créer une « submission » avec les données du signataire
Récupérer le lien de signature et l’envoyer via Resend
Écouter le webhook submission.completed pour déclencher les
actions suivantes
La partie webhook n’est pas à négliger, c’est elle qui permet la fluidité de
l’expérience utilisateur et la rapidité de la réponse — le temps de tester les
signatures HMAC et de gérer les retry. Rien d’insurmontable.
Ce qu’on a aimé
L’éditeur de template par glisser-déposer est vraiment bien fait. On place les
champs de signature, initiales, dates directement sur le PDF. Les documents
signés restent sur nos serveurs — aucune donnée chez un tiers. Et surtout, le
coût ne dépend plus du volume : que ce soit pour 10 ou 500 documents signés
dans le mois.
Ce qu’on a moins aimé
La valeur légale en France sans horodatage qualifié. DocuSeal génère une piste
d’audit (IP, timestamp, email), mais pour des documents à fort enjeu
juridique, il faut ajouter un horodatage RFC 3161. On a branché un service de
TSA (Time Stamp Authority) pour les contrats sensibles. Pour des devis ou des
CGU : aucun problème, la piste d’audit suffit.
Verdict
Pour un volume faible à moyen de documents à faible risque juridique :
DocuSeal est une évidence. Pour des contrats à forts enjeux : ajoutez
l’horodatage qualifié et vous couvrez 95% des cas. Le 5% restant concerne des
actes nécessitant un notaire de toute façon.
On continuera à l’utiliser et à le recommander.
Codenza Lab paraît tous les quinze jours. Retours d’expérience depuis notre
studio de Laval.